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_________CRITIQUE DE ROGER BALAVOINE_________

Formé pour être graveur, inspiré pour être poète, poussé à écrire des chansons, intrigué pour découvrir la force musicale des galets ou des écorces d'arbre, Emmanuel Dilhac ne ressemble à « rien de connu ».

Heureusement pour lui, tant mieux pour nous. Le voici arrivé à une nouvelle étape de ses recherches : on y découvre toujours le fond, cette vérité à partager.

Dilhac est lucide : partant du principe que la tricherie est le pire des avatars de l'art - même si c'est parfois plus payant que la sincérité - il reste dans la vérité. La sienne. Celle qu'il faut partager. Ses œuvres récentes viennent de loin, du bilan de ses expériences sans cesse remises en question, du désir profond de communiquer sa connaissance, ses élans, ses passions, ses bonheurs. Des colonnes noires, des menhirs logiques, des toiles en relief portent des signes, des repères, des moments d'émois parce qu'ils s'articulent les uns sur les autres, parce qu'ils agissent ensemble pour ébranler les évidences trop certaines.

Dilhac va chercher ses signes dans le cosmos, dans le passé recomposé de l'Homme, dans la mémoire collective. Il invente et on aura toujours l'impression que ces signes sont nôtres, qu'on les a déjà vus : normal, ils sont naturels. Dilhac pratique le retour aux sources pour explorer l'avenir : ce qu'il propose, ce sont des étapes, des évidences et des découvertes. Tout est tranquille en apparence et la paix vient d'elle même. Il s'agira donc de contemplation, de ressentir une onde venue de très loin, un équilibre inné - Dilhac est musicien dans l'œuvre plastique comme il est peintre dans l'ouvrage musical. Cette lucidité à partager, il en fait sa règle de vie, sa liberté belle, son bonheur. Pacificateur, Dilhac exprime un sens religieux du monde, comme s'il avait réussi à en capter les forces bénéfiques, le sens laïc de l'homme, ses émois de cœur, ses élans d'âme. Son discours graphique est un acte de foi. Et se situe hors des modes, des styles, des courants. Inclassable et donc suspect pour ceux qui aiment les conceptions conceptuelles, les tiroirs culturels et les étiquettes officielles.

Mais on voit bien mieux les choses quand elles vivent à l'air libre... Dilhac est un homme libre. Par conséquent à protéger.

Roger BALAVOINE
Journaliste, Critique d’art

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