En cheminant dans le dédale des œuvres
d'Emmanuel DILHAC, il est sage de se dépouiller
de tout l'acquis d'un enseignement plus ou moins
erroné qui nous aveugle. Il est bon de se
souvenir par exemple que l'écriture chinoise
serait née de l'interprétation des
signes d'empreintes laissés sur le sable
ou dans la vase par les oiseaux, et également
se rappeler le disque crétois aux signes
encore secrets, les plaquettes cunéiformes
ou égyptiennes, les ardoises coraniques sans
oublier bien entendu les tables de la loi ou les
manuscrits de la mer morte.
La vision d'Emmanuel DILHAC est universelle, elle
s'associe a un retour à la matrice initiale,
toute sa création est un dialogue du signe
proche de tous les langages sémitiques. Le
minéral, le végétal possèdent
leur langage, c'est opiniâtrement ce que tente
de décrypter Emmanuel DILHAC en libérant
tous ses sens pour recomposer peut-être le
message qui conduira à l'homme.
Emmanuel DILHAC a totalement conscience que chaque
élément porte une mémoire,
les veines de la pierre, une toile d'araignée,
un fragment osseux, tout est signe, appel, trace,
langage codé. Les sons végétaux,
minéraux ou animaux sont aussi les clés
des langues humaines.
Pour Emmanuel DILHAC, tout redevient naissance,
pur qui se levé dans un cycle éternel.
Michel BENARD
Peintre, Essayiste, Critique d'art
Vice-Président d'Art et Poésie (Revue
Internationale de Culture Française)