Emmanuel DILHAC est un homme debout.
Ancré dans les forces vives de la terre,
ouvert aux énergies du cosmos, c'est un médium
qui capte les signes du visible et de l'invisible
et qui est chargé de nous les transmettre.
Cette hyper-réceptivité, ce don de
voir au-delà des apparences qui est la marque
de tout grand créateur s'accompagne chez
Emmanuel DILHAC d'un travail acharné - chaque
idée, chaque thème sont explorés
avec rigueur et passion ces deux aspects pourtant
habituellement antinomiques cohabitant chez lui
avec bonheur.
Chaque recherche nouvelle sur la matière
ou la couleur n'est abandonnée si elle lui
semble avoir été menée à
l'extrême pointe du possible.
« Mon devoir est de bien accomplir »
écrit-il. En artisan consciencieux, il se
sent responsable face au monde qui lui insuffle
la force de parfaire son oeuvre et face à
ceux qui seront les spectateurs éblouis de
ce qu'il dévoile.
Emmanuel DILHAC est un homme en marche.
Ne se reposant jamais sur un acquis technique ou
intérieur, il avance inexorablement, en perpétuelle
quête d'un ailleurs, repoussant toujours ses
limites, portant au plus haut le nom d'homme.
« Je peins amoureusement, et puis le fruit
doit être donné, oublié complètement
». L'oeuvre qui se termine s'accompagne toujours
d'une oeuvre en gestation. Emmanuel DILHAC est en
perpétuel état d'enfantement car il
est en perpétuel état d'émerveillement.
Il voue au monde un amour profond et le monde en
retour l'ensemence d'énergies et de signaux
à déchiffrer.
Peu à peu, il découvre un ordonnancement,
des repères, des rythmes, des correspondances,
des alphabets. C'est l'histoire de la création
qu'il décrypte et qu'il nous livre. Son oeuvre
est dense, riche et multiple comme dense, riche
et multiple est l'univers.
Les techniques et les matières qu'il utilise
pour traduire son inspiration ont la même
diversité. Quel enchantement pour nous, qui
découvrons tour à tour la ligne épurée
d'une sculpture en cuivre, le relief saisissant
d'un amalgame d'écorces broyées, l'élan
subtil d'une encre de chine, le raffinement de coloris
de ses « Rappels » et l'extraordinaire
travail de matière de ses « Indépendantes
», fresques étonnantes de puissance
maîtrisée.
« Peindre, c'est dominer le chaos. »
dit Emmanuel DILHAC.
A travers son perpétuel corps à corps
avec le monde, son exigence vis à vis de
lui-même et de son oeuvre, il apparaît
comme un infatigable découvreur de sens,
un homme épousant le mouvement même
de la vie.
Lena LESCA
Poète, Écrivain