Les oeuvres d'Emmanuel DILHAC sont envoûtantes,
intrigantes, c'est un peintre visionnaire, un chercheur
impénitent.
Ses recherches sur les éléments bruts
et fondamentaux, ses découvertes sur la préhistoire
des sons, de la musique et des langages, ont nourri
une longue correspondance (plusieurs années)
avec Jean DUBUFFET.
Sa peinture exclut tout ce qui a rapport aux tensions
du monde contemporain, elle n'est pas négative,
elle plonge ses racines dans les origines et le
devenir de l'homme.
La recherche d'Emmanuel DILHAC n'est pas une analyse
historiciste mais plutôt une synthèse.
De ses juxtapositions de formes, de signes, récit
dessiné, se dévoilent la germination,
les stèles, les hommes, le soleil, le cosmos
: c'est une peinture qui raconte.
A l'origine tout était indifférencié,
confondu : règne animal, végétal,
minéral. De ce monde en fusion sont nés
les éléments primordiaux.
Les signes et les formes gardent la mémoire
de ces origines.
Les premiers langages, écritures, arts, étaient
abstraits. La peinture d'Emmanuel DILHAC est sculpture,
sa sculpture est aussi peinture, ses alphabets sont
cosmiques et de mémoire ancestrale. Dans
ses oeuvres, il y a l'idée de la fusion et
de l'expansion de l'univers, elles se placent au
moment clé où la forme est devenue
signe et où le signe devient forme. En bouclant
la boucle, il nous replonge dans un univers originel.
Sa recherche sémiotique nous dévoile
les origines cachées du monde. C'est toute
une cosmogonie dont son oeuvre traite, elle fait
la synthèse spirituelle de la matière
et de l'esprit.
La peinture d'Emmanuel DILHAC est spirituelle, elle
communique une émotion qui va au-delà
de l'abstraction, c'est une voie peu exploitée
parce que peut-être en avance sur le siècle,
c'est la voie de demain. Emmanuel DILHAC se fait
le messager de choses qui nous dépassent,
de mystères sacrés, sa vie devient
une large écriture, ses reliefs et matières
alliés à la couleur et la forme s'élèveront
un jour, comme un chant, comme des orgues, comme
une prière ...
M. SCOT
Critique d’art